Faire vivre un syndicat combatif, pour une Université publique de qualité ouverte à tous

Note ajoutée en juillet 2007 : Le texte ci-dessous est un extrait de notre guide de juillet 2000, qui avait remplacé ici celui du guide de 1999. Vous pouvez consulter aussi désormais au format PDF

- ce texte de 2000, un peu plus complet
- la version de 1999
- la version du guide de 1998 (avant la création du site web).

L’UNEF Paris IV (ou, pour être plus précis, l'Association Générale des Etudiants de Paris IV Sorbonne (AGEPS), affiliée à l'Union Nationale des Etudiants de France) est un syndicat étudiant, présent de façon continue dans notre université depuis de nombreuses années. Nous avons pour objectif la défense des intérêts des étudiants de Paris IV. Vaste programme, qui implique trois aspects:

L’UNEF est à la disposition de tout étudiant qui a un problème individuel à régler: inscription, aide sociale, examen, droit au séjour pour les étrangers... D’abord, pour l’aider à constituer et présenter son dossier, en utilisant son expérience de dossiers du même type et les informations dont elle dispose. Ensuite, pour l’appuyer auprès de l’autorité compétente, en usant de tous les moyens de pression qu’elle peut mettre en œuvre. Quand nous avons la loi pour nous, exiger son application (c’est le plus facile). Dans le cas contraire (la loi est très loin d’être parfaite !), tout faire pour obtenir une dérogation.
Une telle action n’aurait pas de sens si l’UNEF ne défendait pas aussi les étudiants en tant que collectivité, en se battant pour une université de qualité ouverte à tous (nous en sommes loin). Elle informe les étudiants et travaille à les mobiliser pour obtenir des améliorations ou, c’est hélas plus souvent d’actualité, pour empêcher la détérioration du service public, voire sa remise en cause, ce que font les réformes Bayrou-Allègre.
Parce que les étudiants ne sont pas hors de la société, l’UNEF inscrit son action dans l’ensemble du mouvement syndical et associatif, et travaille en lien avec les syndicats de salariés, des associations antiracistes...

Nos moyens d'action sont:

* Nos élus dans les différents conseils. Même si cela n’a rien, absolument rien, à voir avec une gestion démocratique ou une quelconque " citoyenneté étudiante ", ils sont un intermédiaire utile avec les profs et l’administration, et une source indispensable d’informations.
* Notre appartenance à une organisation nationale nous permet d’échanger des informations d’une Fac à l’autre, d’avoir des moyens de pression au niveau national, de pouvoir peser sur le gouvernement.
* Vous. Le moyen d’action le plus efficace de l'UNEF Paris IV, ce sont les étudiants de Paris IV. C’est leur mobilisation qui peut améliorer leur situation. Notre syndicat ne peut et ne veut exister que comme un outil au service de cette mobilisation.

L’UNEF est au service de tous les étudiants. Quand l’un d’entre eux demande notre aide, nous ne mettons jamais comme condition qu’il adhère et paie sa cotisation. Alors pourquoi adhérer ? Parce que plus un syndicat a d’adhérents, plus il est efficace, et qu’il est de ton intérêt que l’UNEF soit efficace. L’UNEF ne peut exister s’il n’y a pas des étudiants pour lui consacrer un peu de temps et / ou un peu d’argent. Les tracts et les journaux ne se rédigent, ne s’impriment et ne se distribuent pas tout seuls, le local syndical n’est utile que si des permanences y sont tenues...
Tu n’as peut-être pas beaucoup de temps ou d’argent à consacrer au syndicat, mais toute aide sera la bienvenue: si chacun de ceux qui partagent les objectifs de l’UNEF lui consacrait dans l’année quelques francs ou quelques minutes, ce serait déjà beaucoup.
Acheter ce guide, le lire, l’utiliser, c’est un premier geste syndical. Pourquoi ne pas aller plus loin ? Discuter avec les militants de l’UNEF pour nous aider à l’améliorer l’an prochain, aider le syndicat d’une façon ou d’une autre, penser à adhérer.

Aperçu sur l’histoire de l’UNEF

L’UNEF est une très vieille dame: elle a fêté son 90e anniversaire en 1997. Elle a une très longue histoire. Jusqu’en 1945, rien à signaler: l’UNEF est une fédération de corpos qui organisent des fêtes, tiennent des salles de billard...
Ça commence à devenir intéressant juste après la Libération. Dans la lignée de la Résistance, la charte adoptée au congrès de Grenoble jette les bases de ce que pourrait être un syndicalisme étudiant. C’est encore très timide. Les étudiants sont encore une petite minorité de la jeunesse, et peu progressiste.
Ça change dix ans plus tard: au moment où l’Université commence à être plus ouverte socialement, l’UNEF se trouve confrontée au problème de la guerre d’Algérie. À partir de 1960, elle est en pointe dans la lutte pour la paix, et appelle les étudiants à refuser de partir en Algérie. En même temps, elle entame une réflexion sur l’université et mène la contestation. C’est son heure de gloire, qui dure malheureusement peu. Minée par les divisions, l’UNEF s’essouffle. En mai 68, contrairement à sa légende, ce n’est plus qu’une coquille vide. Finalement, certains de ses militants décident de la transformer en " organisation politique de masse ".
C’est du refus de ce choix suicidaire qu’est venu le renouveau de l’UNEF. Des étudiants venus d’horizons différents (communistes, socialistes, chrétiens de gauche, principalement) décident de rénover une UNEF fidèle à la ligne syndicale: c’est chose faite, en deux étapes, en 1971 et 1975. Depuis cette date, l’UNEF est restée fidèle à ce qu’il y a eu de meilleur dans celles des années soixante: le travail pour la construction d’un véritable syndicalisme étudiant.
Si tu souhaites en savoir plus, nous ne saurions trop te conseiller l’excellent livre d’Alain Monchablon, Histoire de l’UNEF (jusqu’en 68), Paris (P.U.F), 1983, épuisé mais disponible dans toute bonne bibliothèque.

Vous avez dit réunification ?

C'est la blague de l'été. Vous avez rencontré, ou rencontrerez pendant ces inscriptions des gens vous expliquant que le "mouvement étudiant" se "réunifie" et tentant de vous vendre des cartes de participation à cette grande úuvre.
Que ce soit faux, nous en sommes la preuve vivante.
Pourquoi refusons-nous cette unité si joyeusement affirmée ? Parce qu'elle n'aurait rien de syndical.
L'UNEF-ID a été fondée en 1980 par la fusion de groupes hostiles à l'UNEF. Au départ syndicat étudiant, avec lequel l'UNEF travaillait le plus souvent possible, malgré les désaccords de fond et de méthode, elle a connu depuis une dizaine d'années une dérive, qui l'a conduite à n'être plus aujourd'hui qu'une machine à encaisser des cotisations en juillet et à gagner des élections l'hiver, absente des facs quand il n'y a ni inscription ni élection.
Quand elle apparaît, c'est pour vous dire "Tout va bien, c'est grâce à nous, alors que la situation des étudiants et de l'Université ne cesse de se dégrader, de réforme en réforme. Elle a en particulier qualifié la désastreuse réforme Bayrou-Allègre (voir plus loin) de "grande victoire"
L'"unification" est son dernier mensonge, appuyé sur le fait qu'une partie du bureau national de l'UNEF s'est ralliée à elle. Le plus drôle est que ces gens-là aient le culot de se prétendre "indépendants et démocratiques", alors qu'ils ne procèdent que par additions d'appareils politiques étrangers à la réalité des facs.
La majorité des militants de l'UNEF, dont nous sommes, a refusé ce ralliement et est déterminée à continuer l'UNEF comme le vrai syndicat vraiment étudiant dont les étudiants ont besoin pour les défendre.